En France, c’est assez courant que l’on se débarrasse du vieux pour faire du neuf. Cela a toujours été ainsi dans son histoire et cela explique aussi le peu de vestiges gallo-romains que conserve la ville de Paris. Souvenez-vous de la lettre de Victor Hugo adressée au conseil municipal de Paris pour que l’on sauve les Arènes de Lutèce ! Elles étaient destinées à être détruites pour fournir le matériel à de nouvelles constructions. Et bien, plus récemment, en 1980, les Arènes étaient à nouveau en péril. Les exemples de ce genre sont vraiment très nombreux.

En Italie, on assiste à un phénomène contraire. Dès que l’on trouve quelque chose d’ancien, même un caillou, on le conserve. Les centres des villes italiennes sont très souvent dès bijoux de l’art ancien. Ils sont intacts et demeure totalement figé. Rien ne bouge depuis des dizaines d’années et souvent même depuis des siècles. Pour donner un exemple, les dernières réalisations dans le centre de Rome remontent au début du XXème siècle. Pour d’autres villes, il faut remonter encore plu loin dans le passé.

Je ne veux pas trancher car je ne crois pas que l’un des deux modèles soit meilleur. D’un côté la ville doit vivre, doit s’adapter à la modernité. De l’autre, il faut peut-être réfléchir un plus longtemps avant de démolir. Ce qui c’est passé avec Hector Guimart en est une bonne illustration. On a démoli pour reconstruire quelques temps plus tard à l’identique. Une partie des réalisations, bien évidemment, car pour le reste, c’est perdu à jamais. Et surtout il faudrait essayer de redimensionner le pouvoir des promoteurs immobiliers qui, pour leurs gains personnels, provoquent souvent des pertes irréversibles au patrimoine culturel et donc à la communauté.