M. Giuseppe Pizza avait demandé de se présenter aux élections à la tête d’une formation politique qui avait le symbole et le nom de l’ancienne Démocratie chrétienne, le parti qui a gouverné de façon ininterrompue en Italie pendant presque cinquante ans.

Or, le problème c’est qu’un autre parti, celui de M. Angelo Sandri, avait déjà présenté le même symbole et le même nom. Donc le parti de M. Giuseppe Pizza s’est vu exclu du scrutin par la commission électorale du Ministère de l'Intérieur. M. Pizza a déposé un recours en Conseil d'Etat, qui lui a donné raison mardi. Fort de cette victoire, M. Pizza aurait pu faire repousser la date des élections pour pouvoir y participer. Ce qui était d’ailleurs son intention jusqu’au jeudi 3 avril. Là, soudainement, M. Pizza a changé de musique, peut-être raisonné par Silvio Berlusconi, son allié, qui n’aurait nullement apprécié un report des élections.

Avec toutes ces références directes à l’héritage de la Démocratie chrétienne, on voit de plus en plus comment la partie va se jouer au centre, au point que plusieurs analystes prévoient pour les années à venir la fin du bipolarisme. Plus que de mort du bipolarisme il faudrait parler de fausse couche car l’Italie n’a jamais connu une vraie alternance gauche droite. Fausse couche ou tentative avortée… mais là, il faut faire attention à prononcer le mot « avortement » car on risque de se faire taper sur les doigts par M. Giuliano Ferrara, autre personnage bizarre de ce pays des merveilles qu’est l’Italie politique en 2008. Ancien soixante-huitard, l’ex ministre de Berlusconi passe son temps à sillonner la botte pour porter la bonne parole et mettre en garde contre ce qu’il définit « le scandale suprême de notre époque ». Il a été rudement contesté à Bologne, ville notoire du « plaisir » où bien évidemment certaines prises de positions passent moins bien.